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La Mairie de Saint Aubin de Médoc

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Visite intérieure de l’église

 

Oratoire originel

Dans le petit oratoire originel voûté au nord-est de l’édifice, et qui date du 12e siècle, la corniche à modillons sculptés (croix, raisin,…) - sur laquelle repose la voûte en berceau - atteste du style roman.

La voûte en plein cintre possède des fresques du 14e siècle (peut-être antérieures ?) où, sous un badigeonnage de chaux, le dessin d’origine (au pigment rouge) est très nettement visible ; les couleurs de remplissage (ocre jaune, brun, terre de sienne,…) sont plus ou moins bien conservées. L’une des fresques représente l’Annonciation.

Chœur : partie derrière le retable

Le sol est constitué de tommettes hexagonales anciennes (17e ou 18e siècle). Un sarcophage en pierre à dessus en mitre vraisemblablement du début du Moyen Age est fiché dans le mur et a été remployé ici ( ?) au 15e (Cénotaphe classé le 30 novembre 1908).

Croyant que ce sarcophage, dont une extrémité repose sur une colonne et l’autre est encastrée dans le mur, contenait les restes de Saint Aubin, nos aïeux avaient pris l’habitude de l’honorer, particulièrement le jour de sa fête, le 1er mars. On pensait que les saints, du moins certains d’entre eux, avaient le pouvoir de guérir certaines maladies. C’est ainsi qu’on priait Saint Clair pour y voir plus clair et Saint « Aoubin » parce que son nom rimait avec « tout va bin » - tout va bien.

Il n’en fallait pas plus pour lui reconnaître de grands pouvoirs. On le priait pour toutes sortes de maux : la coqueluche, les maladies infantiles, mais aussi pour les prisonniers et les aveugles. Les jeunes mariés et les fiancés se plaçaient sous sa protection en passant trois fois sous le sarcophage le 1er mars.

Au 19e siècle, un curé de la paroisse trouva que ces manifestations ressemblaient à de la superstition. Comme il aurait été maladroit de supprimer ce pèlerinage, il essaya de le justifier en se procurant des vraies reliques du saint. Or, celui-ci était mort 1 300 ans auparavant. Son tombeau, à Angers, avait été saccagé sous la Révolution et ses restes dispersés aux quatre vents.

Que contient donc ce sarcophage ? Etant données ses dimensions réduites, il pourrait renfermer soit le corps d’un ou de plusieurs enfants d’une famille noble, les Ferron par exemple, soit les ossements de certains membres de cette famille, car il était d’usage de rassembler les restes de plusieurs personnes dans un même coffre. A noter la présence d’une plaque tumulaire polychrome, à proximité du sarcophage, sur le mur du chœur. Elle porte un écu armorié avec l’inscription suivante : « Ci gist Lancelot de Ferron, escuyer, Seigneur des Maiso(n)s Nobles de Ferro(n), de St Aubin, de Copian, de Bricaile et autres lieux et maiso(n)s noble(s) – du 14 Aoust 1583 ».

Le retable

Il date de la fin du 17e siècle (comme l’autel) avec les statues en bois de Saint Pierre (à gauche) et de Saint Paul (à droite). L’ensemble est en chêne et noyer peint en faux bois au 19e siècle. Des sondages ont permis de retrouver le décor d’origine en faux marbre. La restauration de l’aspect d’origine (faux marbre et dorures) amènerait assurément plus de lumière que le bois foncé. Elle redonnerait au chœur l’aspect plus lumineux qu’il devrait avoir par rapport aux nefs.

Le retable fut construit à l’initiative de Messire Lalanne qui fut curé pendant 25 ans « avec exemple et édification » nous dit son acte de décès, et qui fit en outre refaire la chaire.

Le retable fut réalisé par des artistes itinérants qui, leur travail terminé, cherchaient d’autres mécènes dans les châteaux ou les églises, ce qui explique qu’on trouve, ailleurs, d’autres ouvrages de même facture. Bien que masquant l’abside, il est très beau. Sa partie supérieure représente Dieu le Père entouré d’angelots, d’une sculpture puissante et majestueuse qui fait penser à Michel-Ange. Il donne son envol à la colombe, symbole du Saint-Esprit.

Dominant le tableau, une mitre dorée rappelant que notre Saint-Patron était évêque est soutenue par la Coquille Saint Jacques du pèlerin et par un écu orné de lettres entrelacées où certains croient voir le « S » et le « A » de Saint Aubin.

Le tableau central, du 18e siècle, restauré en 1982, montre le saint dans sa gloire, revêtu de ses ornements pontificaux, entouré d’anges et de nuées indiquant qu’il monte vers le ciel. L’autel fait partie de l’ensemble. Sur la porte du tabernacle, on voit le Christ tenant le globe du monde.

De part et d’autre de l’autel, deux colonnes cannelées sont surmontées chacune d’un chérubin joufflu embouchant sa trompette. Au bas des panneaux latéraux, s’ouvrent deux portes ornées des monogrammes du Christ et de Marie, par lesquelles on accède au sarcophage situé derrière l’autel. C’est par là que, naguère, passaient les pèlerins vers le sarcophage.

On note aussi, tout en haut de chaque côté, deux magnifiques corbeilles de fleurs finement sculptées qui mériteraient d’être admirées de plus près.

Chœur : partie devant le retable

Sur plusieurs chapiteaux du chœur figurent les attributs de l’évêque, crosses et mitres alternées, mais le chapiteau de gauche nous pose question. De facture très ancienne, il nous montre une scène qui relate, sans doute, une légende locale maintenant oubliée. Le sujet central, loup, chien ou âne, tient dans sa bouche ouverte, un aigle qu’il a saisi par la tête et, de sa patte antérieure gauche maintient au sol un animal qui pourrait être une brebis. Derrière l’âne, se tient un homme qui semble contempler la scène et qui précède une sorte de dragon. Celui-ci, en équilibre sur sa queue enroulée, immobilise ou arrête l’homme avec ses deux pattes.

Aux coins supérieurs de ce même chapiteau, sont sculptées deux têtes d’hommes, probablement ceux qui ont travaillé à la construction ou l’ont financée. Le bonnet d’un de ces personnages semble, lui-même, grossièrement ouvragé et présente une tête minuscule, peut-être le sculpteur lui-même.

Les peintures des murs sont du 19e siècle et ont été conservées en l’état. La porte de la piscine en bois sculpté (armoire destinée à ranger l’eau bénite, actuellement tabernacle), de style gothique flamboyant du 15e a été classée le 23 février 1971. L’ensemble de l’église a été classé à l’inventaire des monuments historiques mi-2007.

Nef principale

Avant la construction du retable, le chœur était éclairé par trois petites fenêtres, largement ébrasées pour diffuser la lumière à l’intérieur. Le fidèle qui entrait par la porte centrale au lever du jour, venait des ténèbres pour se diriger vers la lumière, vers les premiers rayons du soleil levant. Cette symbolique était voulue par les architectes.

Les arcades de part et d’autre de la nef centrale sont alternativement de style roman et en arc brisé, ce qui ne facilite pas la datation.

Dans la nef, on peut admirer une petite Vierge en pierre, du 15e siècle présentant le sein à son enfant, (ce qui est assez rare pour que nous lui ayons donné le nom de Vierge au sein). L’enfant tient un oiseau, peut-être une colombe, symbole du Saint-Esprit. Cette statuette fut retrouvée en 1970 dans le mur du clocher où elle servait de moellon, par Pierre Cardinal et les ouvriers municipaux qui perçaient une baie pour le chauffage. Remarquant des éclats sculptés dans les gravats, ils abandonnèrent leur pic dont les traces sont encore visibles, et dégagèrent avec précaution le reste de la statue. Les têtes manquaient. Elles ont été reconstituées, en plâtre, par un artiste local, Jean Doméjean, qui a retrouvé le sourire de la Vierge et l’a rendu à notre vénération. Par qui avait-elle été décapitée ? Qui l’a utilisée comme moellon ? Nous ne pouvons hasarder que des hypothèses. On sait que pendant les guerres de religion, une armée de protestants bien équipée, venant de La Rochelle, sous les ordres d’un certain Favas, a saccagé les églises du Nord-Médoc, mais on ne sait pas si elle est venue jusque chez nous. D’autre part, sous la Révolution, il semble que les Saint-Aubinois n’aient pas été très virulents. Alors qui ? Certains persistent à voir en cette histoire un petit air de miracle.

La chaire en pierre est du 17e siècle.
Le grand crucifix qui lui fait face est constitué d’une croix récente et d’un Christ en bois doré supposé du 18e siècle.
La statue de Jeanne d’Arc est en céramique peinte du 19e siècle.

Nef Notre Dame

La nef principale et les bas-côtés ont été restaurés en 1989. C’est l’appellation qu’on trouve sur les documents anciens.

L’autel en marbre blanc et en plâtre armé est de la fin du 19e siècle. Un tableau de la fin du 17e siècle représente l’Annonciation. Il est composé de plusieurs bandes de toile cousues et présente de très nombreux repeints dont la peinture est écaillée. Le baptistère de la fin du 19e siècle est en marbre noir veiné de blanc. Il est surmonté d’un cadre représentant le baptême du Christ (peut-être du 19e siècle). Il est constitué d’une toile cousue en son milieu.

Le chemin de croix est constitué d’huiles sur toile dans des cadres en bois.

La clôture du baptistère est en fer forgé du 19e siècle.

Bas côté St Jean Baptiste

Le retable et l’autel sont de la fin du 18e siècle (pierre et bois de noyer, classé le 20 janvier 1988), et ont été restaurés en 1990. La statue de Saint Jean Baptiste, (également classée en 1988) dans la niche qui domine l’autel du même nom, a été restaurée en même temps que la nef principale et les bas-côtés en 1989. En glaise du pays, elle a probablement été modelée à Saint Aubin au 16e ou 17e siècle et cuite dans une des tuileries de la paroisse.

La statue du Sacré Cœur de Jésus Christ est en céramique peinte du 19e.

Le confessionnal du 19e siècle est en bois peint selon la technique du faux bois. A côté, on trouve une stalle de chœur de forme courbe, de la fin du 19e.

Sépultures

Les curés et les nobles étaient inhumés dans le chœur de l’église, et les gens aisés qui avaient acquis un droit de sépulture moyennant le paiement de douze livres étaient inhumés dans les nefs. Plusieurs sont enterrés comme « passants ». Ils n’avaient pas acquis le droit de sépulture mais s’étaient montrés particulièrement méritants. C’est ainsi qu’un curé y a inhumé sa mère et sa servante. Ce droit de sépulture fut contesté à plusieurs reprises par un curé qui portait l’affaire devant l’archevêque. Celui-ci lui donnait toujours raison. En attendant, on enterrait le défunt derrière le four du presbytère, que nous n’avons pas localisé. D’autres sont ensevelis sous l’auvent, devant le porche latéral. Il ne leur en coûtait que six livres. Les moins riches étaient enterrés autour de l’église. Le cimetière fut transféré à son emplacement actuel en 1861.

Sacristie

Le meuble de la sacristie avec tiroirs à chasubles date d’environ 1850. A noter l’existence d’un ostensoir –« donné par Sa Majesté l’Empereur Napoléon III en 1869 ».

 

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